Ce sont des produits huileux volatils et odorants que l'on retire des végétaux, selon les cas, soit par distillation à la vapeur, soit p...

Propriétés générales des essences

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Ce sont des produits huileux volatils et odorants que l'on retire des végétaux, selon les cas, soit par distillation à la vapeur, soit par expression, soit par simple incision du végétal ou bien parfois par séparation à l'aide de la chaleur, ou par solvants, soit encore par enfleurage, c'est-à-dire par absorption, par un produit gras, du parfum que l'on sépare ensuite grâce à des techniques très particulières.



Mais que sont les essences aromatiques ?




Les essences se distinguent des huiles grasses, qui sont fixes et tachent le papier d'une manière permanente, en ce qu'elles se volatilisent par la chaleur et que leur tache sur le papier est passagère.

Autrefois considérées comme des espèces définies, les essences livrent peu à peu leurs secrets depuis l'avènement de la chimie organique à la fin du XIX ème siècle. Elles ne les ont toutefois pas encore révélés dans leur intégralité.

l'essence de rose
Elles nous offrent, écrit le Docteur A. Taylor, de l'Université d'Austin (Texas), plus de composés nouveaux que tous les chimistes du monde ne pourraient jamais en synthétiser pendant mille ans d'efforts. On sait maintenant toutefois que ce sont des mélanges de nombreux composants : terpènes, alcools, esters, aldéhydes, cétones, phénols ...

Généralement incolores, il en est de colorées : en rougeâtre (essence de cannelle), en bleu (essence de camomille), en vert (essence d'absinthe).

Sans entrer dans des détails rébarbatifs et indigestes, vous trouverez ci-dessous quelques autres brèves indications, amplement suffisantes.

Sous le rapport de leur composition élémentaire, on les a divisées en :


  1. - Essences hydrocarburées, c'est-à-dire, riches en terpènes (essence de térébenthine, de citron ...), ce sont les plus nombreuses.
  2. - Essences oxygénées (de rose, de menthe ...), ce sont généralement toutes les essences solides.
  3. - Essences sulfurées (des crucifères, des liliacées).



Beaucoup d'essences sont un mélange de carbures et de substances oxygénées et on y retrouve la plupart des fonctions chimiques des matières organiques : des carbures d'hydrogène ou terpènes comme le thymène, des alcools comme le géraniol et le linalol, des aldéhydes comme l'essence d'amandes amères et le citral, des esters comme les acétates de ornyle et de lynalyle, ces cétones comme la carvone et la thuyone, des phénols comme l'eugénol, le thymol, le carvacrol ...).

Toutes les essences sont âcres, inflammables, très odorantes. Elles sont solubles dans l'alcool, l'éther, les huiles fixes, insolubles dans l'eau à laquelle, toutefois elles communiquent leur odeur.
Leur point d'ébullition varie de 160 ° à 240 ° et leur densité de 0,759 à 1,096.
Elles sont dextogyres ou lévogyres. (Dextogyre : qui fait tourner à droite - Lévogyre : qui fait tourner à gauche) - il s'agit de particularités utilisées pour la différenciation de divers corps -, rarement inactives sur la lumière polarisée.


Elles dissolvent les graisses, l'iode, le soufre, le phosphore. Elles réduisent certains sels.
Les essences aromatiques préexistent généralement dans les plantes. Toutefois, il en est qui ne naissent qu'en présence d'eau, par action réciproque de certains produits immédiats.


Ce sont des produits fortement stimulants, employés à l'intérieur comme à l'extérieur quelquefois purs, généralement en dissolution dans l'alcool ou un solvant adapté. Ce sont aussi des parfums.
On les prépare, comme dit plus haut, de différentes manières. Parfois par simple expression du végétal (girofle...), parfois par simple incision du végétal (laurier de la Guyane, camphre liquide de Bornéo), parfois par séparation d'un autre produit, à l'aide de la chaleur (térébenthine).


Le plus souvent, les huiles essentielles sont en si petite quantité par rapport à la masse du végétal et elles adhèrent tellement aux plantes qui les contiennent, qu'il faut procéder à une distillation des plantes : la manière d'opérer la plus commune diffère peu de celle usitée dans la préparation des eaux distillées. Mais la même eau doit être distillée sur de nouvelles quantités de substances, sans quoi on perdrait une quantité notable d'essences.


La plupart des huiles essentielles sont plus légères que l'eau. Il en est toutefois de plus lourdes (essences d'ail, d'amande amère, de cannelle...). Elles sont généralement fluides, mais il en est de solides.


Certaines essences dont la composition est bien définie - ou paraît l'être - sont reproduites synthétiquement. Il y a tout lieu de croire que les résultats obtenus par les essences synthétiques ne sauraient se comparer aux effets des huiles essentielles naturelles. D'une façon générale, l'expérience confirme ces données.


Les exemples abondent qui prouvent que l'essence naturelle et totale se montre plus active que son constituant principal et qui, par ailleurs, indiquent que les constituants moindres en pourcentage sont plus actifs que le constituant principal. On veut y voir un effet d'une synergie, phénomène de plus en plus admis actuellement. Ainsi, en 1904, M. Cuthbert Hall démontrait, sur diverses cultures microbiennes, que les propriétés antiseptiques de l'essence d'Eucalyptus étaient beaucoup plus puissantes que celles de son constituant principal l'Eucalyptol.


Essence, huile essentielle

"Il ne suffit pas, écrivait M. HUERRE, de juxtaposer les éléments chimiques principaux dont l'analyse nous décèle la présence dans un suc végétal pour obtenir un produit d'une activité thérapeutique comparable à celle du suc naturel".


Nous pourrions, à l'appui de cette assertion, citer de multiples exemples.

Il faut juste relater cette curieuse observation, des plus symptomatiques, due à M. V.


"Un malade, affecté d'une fistule - et qui redoutait fort l'intervention - fut traité par des instillations d'essence de lavande naturelle et pure. La guérison s'amorçait lorsque le patient dut entreprendre un voyage.

Ayant oublié chez lui son essence de lavande, il s'en procura chez un pharmacien. L'essence n'était, hélas ! ni naturelle, ni pure. Une seule instillation entraîna des désordres inflammatoires douloureux tels que l'intéressé ne put s'asseoir pendant plus de 15 jours. "


DERMATOSES


Dans le même ordre d'idées, beaucoup de dermatoses et de troubles variés (nervosisme, vertiges...) proviennent de l'usage de certains parfums ou eaux de Cologne préparés à l'aide d'essences synthétiques employées en raison de leur bas prix. Ces essences - il faut le savoir et les dermatologues ne l'ignorent pas - sont souvent irritantes pour la peau. De nombreux malades, par ailleurs, doivent leurs troubles à l'utilisation d'eaux de Cologne de mauvaise qualité, dont les propriétés stupéfiantes, convulsivantes ou allergisantes sont parfaitement connues. De nombreux hygiénistes en ont déterminé un exemple authentique sur eux-mêmes.


La qualité des huiles essentielles dépend de nombreuses causes parmi lesquelles le procédé d'obtention, l'état de maturation et de conservation de la substance, sa provenance. Il existe des "crus" d'essences : cannelle de Ceylan, verveine des Indes, thym de la Réunion ...
Le rendement peut varier de 1  à 10. C'est dire que la qualité des huiles essentielles - comme en toutes choses - doit obligatoirement se payer.
A titre documentaire, voici, pour quelques essences aromatiques, les quantités moyennes fournies par 100 kg de plantes :



- Absinthe :  300 à 400 gr
- Eucalyptus :  3 kg
- Genièvre :  0,500 gr à 1 kg 200
- Hysope :  400 gr
- Lavande :  2 kg 900
- Persil (herbe) :  300 gr
- Sauge :  1 kg 400 à 1 kg 700
- Thym (herbe) :  200 gr
- Valériane (racine) :  950 gr
- Ylang-Ylang (fleurs) :  1 kg 600 à 2 kg




Il faut ajouter enfin que les huiles essentielles sont souvent falsifiées par de l'alcool, des huiles fixes, des huiles essentielles de moindre valeur, certains esters de synthèse, voire même du savon animal et de la gélatine. Mais il existe de nombreux procédés permettant généralement de le reconnaître.

Pour en terminer avec ces notions physico-chimiques, il convient de mentionner que la conservation des essences exige des flacons bien bouchés, leur maintien à l'abri de l'air et de la lumière (verres colorés). Il importe, en effet, d'éviter leur oxydation, leur polymérisation, leur résinification que chacun a été à même d'observer lorsque ces précautions n'étaient pas respectées.













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Le petit garçon malade
ne veut plus regarder les images,
il ferme ses yeux las;
il laisse ses mains chaudes
traîner sur le drap.

Sa mère ouvre la fenêtre
et le rideau blanc se balance
sur la rue, ce soir de mai.
Il entend jouer les autres
qui sautent à cloche-pied
en criant sur le trottoir.
Alors il tourne la tête
et pleure en silence
dans don petit bras plié.