Des siècles ont passé Que sont devenues aujourd'hui les recettes ancestrales ? Les techniques ont été reprises dans leur esprit et s...

Des techniques d'extraction

/
0 Comments

Des siècles ont passé

Que sont devenues aujourd'hui les recettes ancestrales ? Les techniques ont été reprises dans leur esprit et se sont affinées grâce à la technicité moderne

Extraction des plantes (Allemagne) - Photo Pixabay




LES DIFFÉRENTES TECHNIQUES D'EXTRACTION
DES HUILES ESSENTIELLES (*)



Certains procédés d'extraction des essences restent très simples, mais le plus courant, et qui appelle le plus d'explications, demeure la distillation.

Les méthodes d'extraction des essences les plus simples sont :


- L'incision qui, comme son nom l'indique, consiste à inciser le végétal pour en recueillir les résines, les camphres (camphre de Bornéo, laurier de Guyane, pins qui laissent suinter les térébenthines). On connaît un arbre dans les environs de Bogota qui, lors de l'incision, laisse couler en quelques minutes un litre d'acéite d'Amacey;

- L'expression qui permet d'extraire les essences d'agrumes, (citron, orange, bigarade, bergamote, pamplemousse) contenues dans le zeste. Des presses à main ou des presses hydrauliques expriment l'essence. Celle-ci est ensuite décantée : c'est le procédé de "l'éponge".

. Le procédé "à l'écuelle" consiste à presser le zeste dans le fond d'un récipient muni d'aspérités.
Il existe des appareils mécaniques qui grattent le zeste sous une aspersion d'eau, ou d'autres qui expriment l'essence contre des surfaces ondulées sans aspérités. Les techniques chimiques modernes ont apporté leurs propres méthodes d'extraction par solvant, mais elles sont sujettes à caution. Pour extraire certains constituants des plantes, certains éléments biochimiques, acides, esters, éthers, aldéhydes, etc..., des solvants chimiques toxiques sont utilisés. Ils épuisent la plante qui passe ensuite à la distillation. Par ce procédé, on obtient les "concrètes" solides insolubles dans l'alcool, lesquels traités à leur tour, conduisent à l'obtention des "absolus", solubles dans l'alcool et d'un prix très élevé.

- Un autre procédé plus naturel que celui de l'extraction par solvant est l'enfleurage. Il consiste en une macération à froid de la plante dans une huile neutre et pure, pendant un temps assez long. Les parfums et les vertus curatives de la plante se communiquent à cette huile.

La technique essentielle, la distillation, s'opère aujourd'hui selon deux procédés :


1. La plante n'est pas en contact avec l'eau. Elle est placée sur une grille perforée au-dessus de la base de l'alambic. Les principes volatils seront séparés par la décantation du distillat refroidi.

2. La plante, au contraire, est placée en contact avec l'eau dans un alambic qui comprend une chaudière, un chapiteau, un col de cygne et un réfrigérant. Les plantes sont mises à macérer dans de l'eau au fond de la cuve de l'alambic, puis portées à ébullition. La chaudière peut être chauffée par l'action directe du feu. Ce procédé de chauffe peut communiquer aux essences une certaine odeur empyreumatique ou de brûlé s'il n'est pas minutieusement surveillé. Le distillateur sera vigilant pour contrôler les températures.

Cette distillation à feu nu n'est employée que lors de la fabrication de certaines essences d'outre-mer, ou dans quelques exploitations rurales de montagne, pour la lavande, l'aspic, le thym ou le romarin.

- La chauffe de la chaudière peut se faire également à la vapeur d'eau sous pression, ce qui est plus pratique. L'odeur n'en est pas modifiée et la qualité de l'essence nullement altérée.

Cette distillation à la vapeur d'eau sous pression est généralement utilisée dans les distilleries importantes. Nous retrouvons le "vase florentin" qui reste toujours basé sur l'ancien principe consistant à opérer la séparation de l'eau et de l'essence de densités différentes.
L'essence s'échappe par la tubulure supérieure lorsqu'elle est plus légère que l'eau sur laquelle elle surnage, ou bien par la tubulure inférieure lorsqu'elle est plus dense. L'excès d'eau décantée, plus ou moins chargé d'essence, peut être renvoyé plusieurs fois dans l'alambic au moyen d'un siphon.



C'est à la technicité du distillateur qu'il appartient d'obtenir les meilleures essences et le meilleur rendement.


Il jugera s'il doit faire des distillations successives, s'il doit repasser plusieurs fois la vapeur sur les plantes ou s'il doit en ajouter de nouvelles.

Il veillera à distiller lentement (durant 1H30 environ) et à éviter des distillations trop rapides car certains constituants des huiles essentielles ne passeraient pas en fin de distillation.
Les huiles essentielles sont ensuite clarifiées, filtrées soigneusement et conditionnées dans des récipients opaques, en verre teinté, à l'abri de la lumière et de la chaleur.

Dans certains cas, le distillateur devra, en outre opérer une déterpénation des huiles essentielles. Celles-ci sont en effet susceptibles de contenir jusqu'à cinquante pour cent d'hydrocarbures terpéniques et ses quiterpéniques, de caractère insaturé, qui s'oxydent, se résinifient, dégradent le parfum de la plante, provoquent la prolifération des bactéries et des champignons, ce qui entraîne une moins bonne conservation de l'essence.

On procède donc à une déterpénation soit par des distillations fractionnées sous une pression réduite, soit par une distillation dans un courant de vapeur.

La déterpénation présente l'avantage d'affiner le bouquet de l'essence, d'augmenter son parfum, de rendre l'huile essentielle plus stable, plus concentrée, plus antiseptique. Cela permet de la conserver plus longtemps; et elle est aussi plus aisément soluble dans l'alcool. Les essences "déterpénées" sont d'un prix plus élevé, généralement du double des essences normales.
Certains distillateurs pratiquent la "péroxydation" qui consiste à oxygéner les essences en leur ajoutant de l'oxygène qui va se fixer sur les terpènes. Ces derniers seront libérés secondairement à l'état d'ozone. Mais les essences de plantes étant naturellement des produits oxygénés, la "péroxydation" ne se justifie pas et pourrait être considérée comme une forme de falsification.

Matriel d'extraction. Image internet


Le rendement et la qualité obtenus pour les huiles essentielles peuvent différer selon les plantes utilisées, les terroirs de provenance, les conditions de culture. Les plantes doivent être récoltées avec soin pour être distillées dès que les fleurs sont parvenues à maturité. Il faut toujours préférer la distillation sur les plantes fraîches à celle sur les plantes sèches car elles fournissent plus d'essence. De plus elle est plus agréable et de meilleure qualité. L'essence aromatique exhalera son arôme, son bouquet, son âme, sa quintessence. Elle deviendra un "cru" comme il en existe pour les vins.

Les essences aromatiques, celles de la véritable lavande, le lavandin des Alpes, de Haute Provence ou de la Drôme, les menthes poivrées de la vallée d'Asse, les térébenthines des Landes sont réputées dans le monde entier.

La fleur parfume pour mieux enchanter l'air. Elle rayonne son odoriférance à la vie. La plante livre son essence qui donne la force curative.



Mais l'huile essentielle devra être de pureté intégrale, biologique, garantie comme étant absolument universelle.





 (*) Dans un autre article est traité l'hydrolat ou eau distillée qui fait appel à la distillation et dont les applications sont intéressantes, mais qui ne produit pas, à proprement parler, d'huiles essentielles.







Vous aimerez aussi

Show Comments: OR
      

Aucun commentaire:

Le petit garçon malade
ne veut plus regarder les images,
il ferme ses yeux las;
il laisse ses mains chaudes
traîner sur le drap.

Sa mère ouvre la fenêtre
et le rideau blanc se balance
sur la rue, ce soir de mai.
Il entend jouer les autres
qui sautent à cloche-pied
en criant sur le trottoir.
Alors il tourne la tête
et pleure en silence
dans don petit bras plié.